mai
9

Prologue d’un analytics padawan

L’analyse web est une passion. Un analyste est d’abord un passionné du web. Mais cela ne suffit pas, une expertise s’apprend et se forge au fil des expériences.

Aujourd’hui en France, il est très difficile de se former au web analytics. Il y a quelques écoles, quelques formations, qui proposent des cours dans ce domaine. Cependant, le parcours initiatique d’un Analytics Padawan est long et compliqué.

D’abord on se dit : « Que dois-je apprendre pour prétendre à un poste de consultant Analytics ? ».  Un « consultant » est quelqu’un qui s’approprie une problématique, qui réfléchit et qui conseille la meilleure solution possible à son client. Peut-on vraiment être consultant à la sortie de l’école ? Ne doit-on pas se chercher un Analytics Jedi pour être sûr de suivre la bonne voie ?

Ensuite, on se demande : « Quelles entreprises recrutent dans ce domaine ? ». En cherchant un peu on distingue trois types de structures au sein desquelles il y a des consultants en analyse web en France : les cabinets spécialisés, les annonceurs et les agences web. Les problématiques et les limites du métier y sont différentes. Il n’existe pas de réelle scission entre les adorateurs de ces différentes maisons. La Force peut être utilisée de différentes manières mais le côté obscur guette…

J’ai choisis l’agence pour des raisons précises : la diversité des sujets, la disponibilité des équipes techniques, le nombre d’outils analytics utilisés. C’est l’école qui laisse le choix des armes et un large éventail de possibilités en termes d’évolution. Paradoxalement, c’est peut-être en agence que l’on doit apprendre le plus vite… sinon on prend le risque de faire face aux déceptions et de perdre la foi.

Le web analytics est pour moi une passion depuis quelques années mais cela fait un an que je suis consultant en agence. Le parcours que j’ai suivi pour en arriver où j’en suis aujourd’hui et donc à l’ouverture de ce blog peut se découper en cinq étapes.

Première étape de l’initiation : la communauté tu approcheras et avec elle tu échangeras

Lorsqu’on s’intéresse à un domaine, il faut chercher à se rapprocher d’une communauté de personnes se réunissant autour de celui-ci.

Il n’y a pas de secret, pour s’intégrer dans le web analytics français, il ne faut pas hésiter à aller au-devant des personnes influentes (et si possible compétentes !).

Les analystes web en France constituent un ensemble qui se dessine autour d’évangélistes, d’étudiants et d’indépendants principalement. Il se matérialise en un ensemble de blogs, un forum et beaucoup de comptes Twitter.

Faire un peu de veille, aller aux événements que la communauté organise, partager ses connaissances sur le forum analyse web suffisent à construire un réseau solide et à se faire une petite place.

Deuxième étape : ton Analytics Jedi tu trouveras

On ne peut pas faire de web analytics en partant de rien, c’est un fait. Certains diront : « mais si, tu peux prendre de l’expérience seul avec Google Analytics installé sur ton blog. De toute façon, ce ne sont que quelques stats, c’est facile ».

Il faut trouver son guide.

L’analytics est un monde très vaste, qu’on ne peut pas affronter seul au début. Il existe beaucoup d’outils : Google Analytics, Xiti (ou AT Internet Analyzer NX ;) ), Omniture, etc. et surtout un nombre incalculable de problématiques…

Lorsque j’ai commencé à m’y intéresser, j’ai beaucoup discuté autour de moi et très souvent sur les bancs de mon école : Hétic. Cela m’a permis de rencontrer et d’échanger avec des personnes avec qui j’ai noué de solides relations par la suite.

Celui qui m’a montré la voie fait partie de ces personnes. L’Analytics Jedi permet de vous ouvrir l’esprit et de vous initier à l’utilisation des outils d’analyse. J’ai rejoins l’agence où il exerçait son art principalement parce qu’il y était. Et je ne regrette pas ce choix.

Qu’est-ce qu’un bon Analytics Jedi :

  • Il exerce uniquement le web analytics

Beaucoup de consultants cumulent l’analyse web et le search marketing par exemple. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose, mais si votre maître est dans cette situation, il n’aura pas le temps de vous former efficacement.

  • Il est pédagogue

Le métier de consultant analytics est complexe simplement parce que les outils et les problématiques client peuvent l’être également. Pour être bien formé, il faut être bien accompagné et auprès de quelqu’un qui sait expliquer clairement les choses mais aussi et surtout écouter.

  • Il connait quelques outils

Être confronté à différents outils du marché est un plus, surtout lorsqu’on travaille avec quelqu’un qui est capable de vous former à leur utilisation. Apprendre à les utiliser seul peut être fastidieux surtout des outils chers qui évoluent à des vitesses folles.

  • Le plus important : il a une vision

Ce que j’adore dans ma condition d’Analytics Padawan, ce sont les discussions avec mon Analytics Jedi, ça aide à avancer, à penser et à se forger une opinion et un but.

Troisième étape : les instructions du maître tu suivras

Lorsqu’on est étudiant, on lit des blogs, on va à des conférences, on discute avec des pontes du web analytics et on pense déjà maîtriser des concepts du domaine. Or en réalité, il n’en est rien. Sans pratique, il est impossible de devenir un vrai consultant.

Même si l’Analytics Jedi est quelqu’un de foncièrement gentil, il ne faut pas oublier de rester humble et de l’écouter.

« C’est en faisant des erreurs que l’on apprend »… Encore faut-il avoir les occasions de les faire.

Le web analytics a deux composantes : la composante stratégie / conseil et la composante opérationnelle. En gros, pour prétendre être un professionnel complet, il faut savoir configurer, utiliser, traduire et réfléchir.

L’édition des plans de marquage, les jours passés à extraire des tas des données, leur traitement et leur mise en forme sont des passages obligés pour se former. Une fois qu’on est à l’aise sur ces différentes étapes, on constate qu’elles ne représentent qu’une infime partie du métier.

L’Analytics Jedi est celui qui vous apprend à faire tout ça et qui vous permet de prendre le recul nécessaire à la compréhension globales du web analytics. Grâce à lui j’ai su :

  • Savoir pourquoi on extrait ces données là et pas d’autres.
  • Analyser ces données en les traduisant par de vrais « insights » (qu’on pourrait traduire par « information pertinentes » en français).
  • Déduire les opportunités qu’elles font ressortir.
  • Imaginer les éléments à mettre en place pour tester ces nouvelles opportunités.

Pour apprendre, il ne suffit pas d’écouter… il faut s’inspirer de lui, il faut essayer de prévenir les erreurs qu’il vous aidera à réparer.

Une fois cette longue étape franchie, c’est le moment de forger sa propre vision.

Quatrième étape : ta propre voie tu traceras

Ce que j’aime dans le web analytics (et aussi dans beaucoup de domaine du webmarketing), c’est que ce sont souvent les idées et le bon sens qui priment.

Parce qu’on est tous différents, on a chacun notre point de vue. Il est important pour un consultant de suivre sa voie, de proposer sa vision. A quoi bon faire exactement la même chose que son Analytics Jedi pendant toute sa carrière ? Surtout qu’une équipe d’analystes composée de profils différents peut à mon avis proposer un large éventail de solutions.

Il n’y a pas de bonne pratique, chaque problématique client peut être analysée de plusieurs façons. Il faut parfois être original pour proposer les meilleures optimisations !

Au sein de mon agence, j’essaie souvent de réfléchir seul à une problématique avant de proposer mon avis sur les recommandations à prendre. De plus, quelle que soit la décision prise au final, la comparaison et la confrontation des points de vue est enrichissante.

Cinquième étape : ton savoir tu partageras

Même si son utilité paraît évidente, l’analyse web est aujourd’hui relativement mal comprise dans certaines agences. Les consultants sont pris pour des geeks qui passent leurs journées devant des graphes et des tableaux excel.

Il n’y a qu’une seule manière de changer tout ça : partager sa veille et expliquer le web analytics à tous ceux qui croisent notre chemin.

Vous l’aurez compris, c’est un peu le but de ce blog, mais pas que… Mon Analytics Jedi et moi-même souhaitons transmettre nos connaissances et nos visions du web analytics à travers le récit de notre quotidien : des points de vue sur des problématiques que nous rencontrons, des astuces, des « fails » et plein d’autres choses !

Si tout cela vous intéresse, suivez-nous ! :)

Google+

3 commentaires pour “Prologue d’un analytics padawan”

  • Sophie 10 mai 2010 à 9 h 13 min

    Félicitations les gars !
    J’aime bien l’esprit ( et la filiation à un certain Analytics Guru). On attend la suite !

  • Clément 10 mai 2010 à 10 h 31 min

    Longue vie à votre nouveau blog, chers confrères ;-)

  • Arthur 31 mai 2013 à 12 h 14 min

    Je suis en train de me renseigner sur ce métier et l’article présent est top. J’y retrouve la plupart des infos que je recherche et en plus il y a une dose d’humour !

    Je fais ce travail un peu tous les jours, et j’aimerai m’y concentrer un peu plus, car j’analyse les données mais je fais aussi l’opérationnel derrière pour toutes l’acquisition de trafic, ainsi que la mise à jour du site et des articles sur le blog (et encore ce n’est que la partie web là !)

    Je connais Google Analytics, mais XiTi et Ominiture, ça remonte… : sur le principe c’est similaire ?

    Tout ça pour dire, merci pour l’article et je repasserai bientôt.

Poster un commentaire