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Les « analytics » prennent la parole !

Nous sommes connus dans notre agence comme les « analytics ». Quel nom barbare… Mais dans une agence il y a tellement de métiers différents qu’il faut donner un nom à certaines catégories de personnes. On connait les créas par exemple, il s’agit des directeurs artistiques, des graphistes, des concepteurs rédacteurs ou tout autre personne faisant un travail créatif. Nous connaissons aussi les devs, c’est à dire les développeurs. Il y a aussi les commerciaux, les cdp (chefs de projets), les RH, etc. Et puis il y a des gars bizarres qui travaillent dans une pièce bien calme, qui fixent intensemment des tableaux de chiffres souvent illisibles. Quand un créa entre dans la salle il dit souvent : « C’est bien calme ici… ». Ces gars bizarres ce sont les « analytics ».

On nous appelle ainsi parce que nous sommes consultants web analytics, discipline connue aussi en France sous le nom de mesure d’audience ou mesure de la performance. Le consultant analytics c’est la personne qui garde « jalousement » les chiffres de féquentation des sites internet.

Lorsque d’autres personnes dans l’agence  basculent (alt+tab) toute la journée entre une super « reco » Powerpoint, des vidéos Youtube pour l’inspiration et un flux Facebook pour entretenir les contacts sociaux, le consultant analytics oscille souvent entre ses tableaux Excel, les flux RSS variés pour l’inspiration et sa timeline Twitter (soit disant pour faire de la veille, mais c’est surtout pour le lien social).

Alors c’est vrai qu’un consultant qui jubile devant un ficher Excel ou qui admire l’oeil humide un tableau de chiffres avec 25 colonnes, ça peut faire peur…

Mais il fait quoi le consultant web analytics ?

Je me souviens d’une réunion dans laquelle j’ai été présenté habilement par un membre de l’équipe conseil comme « l’oeil de Moscou ». Cette image m’a amusé assez longtemps. En effet,je vois tout sur le site, et je suis le seul dans l’agence à tout voir.

Le fait de tout voir et d’analyser ne nous donne pas non plus une bonne réputation. On voit se qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. On voit les rubriques qui ont coûté très cher et qui ne sont pas visitées. On voit aussi ce que les gens veulent absolument voir mais que l’on occulte sur le site. On voit…. Que le trafic chèrement acheté repart de la page d’entrée sans même avoir fait le moindre clic.

Ha ! Le fameux clic que les CDP, les créas, les commerciaux prennent pour acquis, nous voyons à travers nos outils analytics comme ce clic est difficile à provoquer. Le visiteur, il faut le séduire, le convaincre, ce n’est pas avec un petit lien « cliquez ici » qu’on peut manipuler un internaute exigeant.

Alors oui ! Tout voir c’est bien, mais le dire c’est mieux. Le plus grand problème d’un analytics en agence c’est qu’il est trop souvent baîlloné. Les rapports un peu sévères sont souvent édulcorés, les constats un peu gênants sont esquivés avec habileté, les conclusions servent parfois une justification commerciale, ou plus simplement nos bilans ne sont pas lus.

C’est pourquoi aujourd’hui nous prenons la parole et nous allons raconter au travers de notre quotidien les problèmatiques que nous rencontrons.

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3 commentaires pour “Les « analytics » prennent la parole !”

  • Jacques Warren 11 mai 2010 à 12 h 29 min

    Excellent post.

    Vous avez bien raison. Vous touchez en fait au principal problème de l’adoption des web analytics: celui de la culture marketing d’une société. Je peux très bien imaginer les difficultés d’exercer le métier en agence. Moi, en tant qu’indépendant, je suis constamment en conflit avec les agences pub de mes clients, car je suis celui qui dit que tel projet n’a pas fonctionné ou que tel site a coûté une fortune en trafic.

    En fait, si j’ose le dire, j’imagine très mal comment une agence peut offrir un environnement sain pour l’analytique. Il y a à la base un conflit d’intérêt trop flagrant…

  • Romuald 11 mai 2010 à 13 h 04 min

    Merci pour votre réaction Jacques,

    Il est vrai que l’agence est un environnement compliqué pour l’analytics. Mais selon moi, il faut aussi conquérir ce genre de structure. L’approche doit être différente.

    Le gros problème de l’agence, c’est que les gens ne connaissent pas notre métier. Ils n’ont pas conscience de ce qu’on peut leur apporter en termes de connaissance.

    Si on pense uniquement optimisation et conversion, en effet, le conflit d’intérêt est trop flagrant et il est bien trop tôt aujourd’hui pour parler de cela dans ce type de structure. Cependant, analyser les comptes de l’agence nous permet d’accumuler des enseignements et des connaissances qui peuvent s’avérer utiles pour travailler sur des stratégies marketing futures.

    Le fameux cycle analytics : « mesurer, analyser, optimiser » ne s’appliquerait donc pas uniquement à un site mais plutôt à l’ensemble des stratégies mises en place par l’agence. C’est une culture à intégrer.

    C’est là que le bât blesse, car il faut passer par une phase d’éducation en expliquant à chacun des postes présents quel sera son rôle et ses apports dans la mise en place d’un tel esprit.

    Le changement est quelque chose de fastidieux à mettre en place mais je reste persuadé que les agences sont prêtes à s’ouvrir à condition de bien vouloir leur exposer clairement notre point de vue et tous les bénéfices que le web analytics pourrait leur apporter.

  • Sun 19 mai 2010 à 14 h 47 min

    Evidemment que c’est calme chez vous! Y a plus personne pour mettre Lorie ou Carlos en pleine journée…

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