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Comment recruter un bon web analyste ?

Author François    Category Opinions et débats     Tags

C’est vrai le titre de l’article est un peu racoleur, cependant j’avais envie de faire un peu le tour des qualités qui font un bon web analyste sur le terrain.

La web analyse est un métier jeune et l’on trouve dans les entreprises des profils vraiment différents occuper des postes d’analystes, chacun ayant ses forces et ses faiblesses. Je discutais la semaine dernière avec une assistante RH chargée de recruter des profils de web analystes et le constat que l’on fait aujourd’hui c’est qu’il y a une pénurie sur le marché de profils confirmés et seniors. Et parmi ces profils, lorsque l’on reçoit les candidats au delà des années d’expérience écrites sur le CV, quelles sont les qualités, parfois subtiles qu’il faut savoir aller évaluer lors de la phase de recrutement.

La passion

Sans nul doute ce qui fait d’abord un bon analyste c’est la passion qui l’anime, le carburant du quotidien qui lui donnera la force d’aller creuser au plus profond d’Excel, de Google Analytics, d’Omniture ou de bases de données pour avancer à petits pas vers la compréhension du comportement du visiteur. Il faut être passionné du web d’une part, mais aussi passionné du marketing et des opérations digitales. En général de cette passion découle une bonne connaissance des différents canaux, leviers ou mécanismes. Sans cette passion pour le métier, la flamme s’éteint rapidement devant l’inertie d’un responsable digital ne comprenant pas le web ou devant l’attitude complètement blasée d’un chef de projet laminé par des années de refus…

Le offline

Du web, oui ! mais pas que
Le profil un peu hétéroclite présente à mon sens de grand avantage (et je ne prêche pas que pour ma paroisse). Je trouve que les analystes qui ont des centres d’intérêts très éloignés du web, ou qui ont des expériences ou formations totalement différentes ont une ouverture d’esprit qui leur permet bien souvent de résoudre des problèmes avec ingéniosité. En plus, le bon web analyste doit savoir faire la part des choses, parfois le monde des affaires passent avant tout par les canaux traditionnels, même si l’on a le nez dans les chiffres du web il faut savoir prendre du recul.
Il faut donc aussi de solide connaissances en marketing traditionnel et comprendre comment fonctionne une entreprise, un business en général. La priorité pour une marque n’est pas toujours un taux de clic sur une bannière ou un lien SEO dans le footer.

Dans la partie offline je rajouterais aussi qu’il faut de bonne compréhension des statistiques. Les outils web analytics actuels sont tels qu’ils nous donnent des résultats facilement (des données), mais il faut savoir aussi évaluer la pertinence de ces données. Si l’on lit cet article sur les définitions de base sur les statistiques on comprend bien qu’il ne faut pas se précipiter dans les conclusions en regardant deux résultats de campagne différents. Au contraire il faut faire appel à de vraies capacités…. d’analyste.

La curiosité, la patience, l’opiniâtreté et l’imagination.

Je regroupe toutes ces qualités sur la même ligne car il s’agit de la façon que va avoir le web analyste de gérer son quotidien lorsqu’il est tout seul face à ses données.

J’ai remarqué que les bons analystes ont la soif d’apprendre : nouveaux outils, nouvelles méthodes, nouvelles mesures, nouveau service, nouvelles solutions, du nouveau il veut toujours du nouveau. Alors que certains métiers dans l’entreprise ont peur du changement et par conséquent sont assez peu curieux de nature, je trouve le bon analyste extrêmement curieux.
Et de la curiosité il va lui en falloir pour finir par trouver l’élément extérieur qui se corrèle parfaitement avec le phénomène qu’il est en train d’observer. Il faut de la curiosité pour trouver des solutions aux problèmes qui se posent au quotidien, mais aussi une bonne dose d’imagination. Evidemment l’analyste n’est pas un créatif, c’est à dire que son imagination ne va pas nécessairement aboutir à la création de quelque chose mais par contre elle est indispensable dans le processus de résolution ainsi que dans celui de proposition.
L’analyste doit trouver des « insights » et proposer des recommandations pour améliorer une campagne ou l’expérience utilisateur sur le site. Pour proposer des recommandations il faut une bonne dose d’imagination, l’expérience n’est pas toujours le plus important.
Enfin la patience et l’opiniâtreté sont deux vertus qui vont faire la différence entre un bon analyste et un excellent analyste dans certaines société. En effet lorsque l’on analyse les données on se rend toujours compte des problèmes, des erreurs, des défauts. On alerte, on dénonce, on propose les bonnes solutions mais souvent, beaucoup trop souvent nous butons sur l’inertie du système d’une organisation ou sur la réalité matérielle du projet. Le bon analyste ne perdra pas patience, il continuera à proposer des solutions, peut être d’une autre manière, peut être en présentant les choses différemment, mais il n’abandonnera pas.

La personnalité

Je terminerai sur cette partie qui est essentielle.

Le web analyste n’est pas seulement une personne qui va se retrouver seul face à son Excel. Il est aussi un vendeur. Oui, il faut vendre. Il faut convaincre.
Avoir une idée, ne sert à rien si les autres ne l’acceptent pas. Même si c’est la meilleure idée. Détenir la vérité ne sert à rien, si les autres ne la comprennent pas.

Le web analyste devrait être le moteur du changement de la partie digitale. Il détecte les opportunités, il découvre les faiblesses ou les problèmes. Il est capable de proposer des solutions pour changer, mais simplement les proposer ne sert à rien. Il faut qu’il les fasse accepter, il faut qu’il sache gagner la confiance des ses clients (internes ou externes). Donc effectivement il faut être un bon communicant comme on voit dans certaines offres d’emploi, car il faut savoir exposer ses idées et surtout savoir construire au fil de la relation un lien de confiance. Il doit donc avant tout avoir confiance en lui (et en ses données) et aussi être fin psychologue.

Conclusion

Donc pour conclure le bon analyste n’est pas forcément celui qui a 5 ans d’expérience sur Omniture, qui est certifié AtInternet ou qui à un super score GAIQ. Le bon analyste sera celui qui est passionné par le digital, sans être obsédé, il connait bien le marketing et les statistiques, il fait preuve de curiosité, de persévérance et d’imagination, il sera un collègue agrable au quotidien avec qui l’on a envie de partager ses informations et il est capable de soutenir ses convictions et convaincre les décisionnaires.

Et là on comprend mieux pourquoi les salaires s’envolent…

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3 commentaires pour “Comment recruter un bon web analyste ?”

  • ivanoff 18 mai 2012 à 14 h 26 min

    QUOI ? Mais c’est moi !! :)
    On en a déjà parlé ensemble et je te rejoins bien sur à 100% sur cette présentation !
    Je rajouterai qu’un web analyste doit aussi connaitre un minimum l’ensemble de la chaîne de production. Comprendre le chef de projet, le développeur, le graphiste ou le consultant e-commerce l’aidera et dans la mise en place et dans sa gestion. Quelques bases en dévelopepments sont un plus lors des debuggages ou une implémentation avancées

  • Quelques liens SEO et Web Analytics du lundi matin ! // Revue de presse 21 mai 2012 à 10 h 50 min

    [...] Comment recruter un bon web analyste ? par François Celie : Un très bon article que j’aurai pu écrire dans le même esprit. François et moi avons la même vision pour le profil type de ce métier, surement aussi parce que ce profil nous ressemble. Pour moi, c’est aussi le cas pour un spécialiste SEO, même si le coté technique est important dans ces deux métiers et ne doit pas être mis de coté. [...]

  • François 21 mai 2012 à 22 h 47 min

    En effet Pierre je suis d’accord qu’il faut une bonne connaissance de la chaîne de production web, mais d’une part je pense que cette connaissance découle assez naturellement avec l’expérience (alors que la personnalité et la passion par forcément) et d’autre part je voulais plus parler des qualités humaines de la personne plutôt que du savoir faire en soi.
    Merci pour ton retour !

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